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Dotée par la nature d’un potentiel touristique très riche – tourisme balnéaire, tourisme de découverte et aventure, tourisme naturel et écologique, tourisme culturel, tourisme de chasse et pêche -, la Guinée tire encore trop peu avantage de la diversité de ses paysages aux contrastes saisissants et insoupçonnés. L’industrie touristique guinéenne reste relativement jeune et embryonnaire. L’intérêt étatique pour ce secteur existe bien depuis quelques années, mais la mise en oeuvre d’une politique cohérente et ambitieuse semble rencontrer de nombreux freins.

Pourtant, en complément de ses richesses naturelles, la Guinée a également été la plaque tournante des grandes civilisations d’Afrique de l’Ouest, dont on trouve encore les traces et les vestiges par endroits.

Mais le principal joker touristique du pays est certainement la réputation dont il jouit en matière musicale : être une terre de grands musiciens, tout particulièrement dans le domaine du jazz et plus encore des percussions, est un atout majeur. Ainsi les écoles sont nombreuses à Conakry. Il n’est pas rare de rencontrer des fotés ou des toubabous (Blancs) venus tout spécialement dans ce pays dont ils ignoraient jusqu’à l’existence pour s’initier ou se perfectionner au djembé. L’un des plus grands djembéfola (joueur de djembé) vivant, Mamady Keïta, est par ailleurs un enfant du pays.

Le tourisme apporte tout de même, avec ses 44 000 visiteurs par an (rapport septembre 2011 – ministère délégué des Transports), près de 2,16 % du PIB. Mais ces chiffres comprennent aussi l’affluence du personnel ” technique ” étranger travaillant dans les mines ou dans le domaine des affaires. Les “vrais touristes “, ceux venus pour découvrir le pays, sont encore peu nombreux, quelques milliers tout au plus.

Les hébergements pour satisfaire les visiteurs désireux d’un confort correct existent à Conakry et en Basse-Côte, ainsi qu’au Fouta-Djalon, mais il faut penser à bien vous renseigner sur leurs disponibilités avant de vous rendre dans les hôtels indiqués dans ce guide. En effet, dans les principaux centres miniers, de nombreux établissements (souvent les meilleurs) ont été entièrement privatisés par les compagnies étrangères et rendent assez difficile de se loger sur place.

La Guinée forestière, ravagée économiquement par les guerres des pays frontaliers (Liberia, Côte d’Ivoire, Sierra Leone), semble ne pas trop se soucier du tourisme. Mis à part quelques bons hôtels (hélas souvent privatisés), on aura du mal à trouver un hébergement satisfaisant. Pourtant, cette région a pour ce domaine un potentiel énorme (ponts de lianes, chaîne du mont Nimba, éléphants, chimpanzés en liberté, etc.).

Enfin, la Haute-Guinée, à l’exception de Kankan, centre d’échange commercial important, ne possède pas d’hôtels dignes de ce nom.

La Guinée est donc, dans sa partie la plus au sud-ouest et au Fouta, prête à recevoir un nombre de touristes bien plus important qu’ailleurs dans le pays. Les autres régions sont réservées aux voyageurs qui savent s’adapter.

Outre les problèmes d’hébergement, le développement du tourisme est confronté aux difficultés en matière de déplacements. Il existe bien des routes goudronnées très agréables dans tout le pays, mais il reste encore de trop nombreux tronçons en état moyen ou mauvais, parfois difficilement praticables. Certes des rénovations sont en cours, mais heureusement que les taxis-brousse sont équipés pour le ” tout-terrain “, et qu’il y a de bons 4×4 évidemment. Cela ne rend pas pour autant les trajets plus agréables, moins fatigants et pénibles dans la durée. Au moins cette situation donne plus de temps pour apprécier les paysages qui, eux, valent le détour. Une importante contrepartie !